Blog du Restaurant Tanganyika - Restaurant Africain du Mélange à Paris
Tout part d'une envie indicible de créer un lieu où l'on ne s'ignore plus les uns les autres. Le contenu de vos assiettes, le cadre où vous êtes accueillis vous plongent dans un univers riche de saveurs, de couleurs et de sons d'ailleurs.

A l’Est du Congo

11 août 2009

Lieve Joris est Belge. Quand elle est partie il y a plus de vingt ans au Congo, ex Zaïre, c’était pour retrouver un peu de son histoire en suivant les traces d’un oncle missionnaire. Elle s’est passionnée pour ce pays même lorsqu’il a plongé dans le chaos après le règne de Mobutu et le conflit sanglant dans l’est.

Et elle est allée jusqu’au bout de sa quête en traversant la région des hauts plateaux, près du Rwanda. « Les Hauts plateaux », c’est justement le titre de son dernier livre paru chez Actes Sud.

Munie d’un visa congolais, Lieve Joris a quand même dû arracher l’autorisation d’un chef rebelle pour se rendre dans la région. Cela ne s’est pas fait tout seul. Elle a d’abord été renvoyée parce qu’elle avait osé discuter du choix d’un guide. Et puis, en Afrique tout s’arrange.

Il lui a fallu ensuite s’inventer des enfants. Parce que dans cette région, si les vaches mettent bas, les femmes aussi. Une femme, blanche de surcroit, qui n’a pas d’enfant ne peut pas être prise au sérieux. Sa parole n’a aucune valeur. Lieve Joris s’attribue donc les deux enfants de sa sœur pour donner le change.

Pendant sept semaines, la voyageuse va de village en village en marchant. Elle croise les Maye Maye, ces gamins à moitié défoncés par la drogue ou la faim et qui prétendent faire la loi avec leurs kalachnikovs sur les cent cinquante mètres carrés de leur territoire.

C’est parfois très tendu. Mais Lieve Joris est motivée pour passer les obstacles : elle veut retrouver ce qu’un jeune homme avait découvert quelques années auparavant et lui avait confié comme un secret…

« Au loin, il a vu une chose qu’il ne connaissait pas… et comme il était un garçon intelligent, après quelques temps, il s’est dit : « ça doit être de l’eau ». Il a demandé à sa maman : « ça, c’est une rivière ? » La maman a dit : « oui, c’est une grande rivière ». Il dit : « Mais on dirait qu’il y a des petits moutons qui roulent dedans. Ils sont bleus, ils sont bruns, ils sont blancs. C’est quoi ça ? » Elle dit : « Non, ça c’est pas des moutons. Demain matin, je vais te montrer. » C’était le lac Tanganyika. Et en fait, quand il m’a raconté cette histoire, j’ai dit : « je vais aller là-bas ». Moi aussi je veux voir ces moutons qui roulent dans l’eau ! »

Et ces moutons qui roulent dans l’eau, ce sera sans doute le point final de ce long voyage que Lieve Joris a entamé il y a plus de vingt ans. L’Afrique change trop, c’est parfois difficile à suivre.

Les Hauts Plateaux par Lieve Joris

Les Hauts Plateaux par Lieve Joris

Recette du Gari aux crevettes

11 juillet 2009

Préparation : 10 minutes

Cuisson : 20 minutes

Ingrédients (pour 4 personnes)
- 1 bol de Gari (farine de manioc)
- 1 bol 1/2 de crevettes
- 500 g de tomates fraîches
- 2 oignons
- 4 cuillères à soupe d’huile
- piment, sel

Préparation
Faites tremper le Gari quelques minutes dans une tasse d’eau froide. Dans un poêlon, faites revenir les oignons émincés, les tomates coupées en morceaux et le piment dans 4 cuillères à soupe d’huile. Salez.
Lavez les crevettes. Versez dans la poêle la farine de manioc et les crevettes bien égouttées. Mouillez d’une louche d’eau chaude, bien mélanger. Lorsque le Gari à ramolli et est devenu compact, retirez du feu. Vous pouvez servir garni d’oignons frits. Une recette africaine délicieuse.

La variante Gabonaise
Au Gabon, le Gari se mange soit cru (dans un bol, verser une dose de Gari et deux doses d’eau, laisser reposer quelques minutes le temps que les grains ramollissent, puis rajouter du sucre ou du lait concentré sucré tout en mélangeant et c’est prêt), soit cuit (dans une casserole, porter à ébullition 1/2 litre d’eau salée avec une cuillère à soupe d’huile, puis avec une cuillère en bois remuer tout en versant en pluie 250g de Gari et continuer à mélanger à feu doux jusqu’à cuisson, environ 3 minutes. Puis mettre la boulette de Gari dans un plat, la trancher et servir chaud en accompagnement d’un plat de poulet ou de viande en sauce). Le Gari cuit est un accompagnateur idéal des plats en sauce et on apprécie beaucoup son goût et sa consistance.

Recette de feuilles de manioc (Saka-Saka)

29 juin 2009

Ingrédients
- Feuilles de manioc (1 bottes) ou 800 g (si déjà moulues).
- 2 Aubergines de taille moyenne.
- 3 oignons.
- 3 cubes de maggie Pondu.
- 1/2 litres d’huile de palme.
- 2 piments rouge.
- 1 verre à whisky d’arachide cru.
- 1/2 gousse d’ail.
- 1 cuillère à soupe de sel en grain

Préparation
1 cuillère à café de sucre (afin de réduire l’acidité). Mettre dans une casserole les feuilles de manioc avec l’eau (double du volume des feuilles) à grand feu pendant 45 minutes à 1h. Rajouter aubergine, poivrons verts, oignons, les parties vertes des poireaux coupés grossièrement et laisser au feu 30 minutes. Rajoutez l’eau si nécessaire.

Rajouter l’huile de palme et laisser cuire jusqu’à la réduction de la masse liquide.

Facultatif: vous pouvez aussi mettre des morceaux de poisson frais ou fumé lors de la cuisson.

C’est un légume d’accompagnement. Il se mange servi avec de la viande (grillée ou en sauce), riz, fufu « semoule », la morue, poissons (en sauce ou grillé).

Variantes

Ingrédients
- 1 kg de feuilles de manioc ou 2 paquets surgelés hors-saison
- 1 bonne pincée de bicarbonate alimentaire
- 1 ou 2 poireaux coupés en tronçons
- 2 – 3 oignons coupés en gros morceaux
- 1 aubergine africaine (facultatif)
- 3 – 4 gousses d’ail sans le germe
- 1 branche de thym – 1 feuille de laurier
- 1 à 1,5 kg de chinchards ou de mulet coupés en tronçons
- 1/3 litre d’huile de palme
- sel
- 1 piment « antillais »

Préparation
Hacher les feuilles fraiches lavées ou déballer les feuilles congelées et les mettre dans une cocotte avec les poireaux, les oignons, l’aubergine, l’ail et le bicarbonate. Choisir de préférence une cocotte en fonte, éviter l’aluminium. Couvrir d’eau, mettre à feu vif pour monter à ébullition et laisser bouillir gentiment 45 min à une heure. Ajouter un peu d’eau en cours si elle s’évapore trop, mais elle doit réduire tout de même. Remuer régulièrement.
- Laver les tronçons de poisson, les enrober de sel et les laisser reposer au réfrigérateur pendant que le pondu bout. La tête ne sert pas dans la recette.
- Ajouter le poisson et le piment sur le dessus des feuilles, et laisser mijoter 30 minutes (veiller à ce que le piment ne casse pas, je le retire toujours le temps de remuer et le remets ensuite).
- Retirer le poisson, en retirer les arêtes, l’effeuiller en morceaux et remettre dans la cocotte.
- Dans une casserole, faire chauffer l’huile de palme (si l’huile était solide, passer la bouteille sous l’eau chaude). Mettre la hotte à fond ou ouvrir les fenêtres. Faire chauffer à feu moyen jusqu’à ce que l’huile change de couleur – de rouge à jaune orangé. Attention, toujours surveiller cette opération, bruyante et impressionnante, que l’huile ne finisse pas par s’enflammer !
- Verser l’huile dans la cocotte, bien mélanger. Goûter, saler si nécessaire, laisser mijoter 15 minutes. Retirer le piment pour le servir à part, et à table !

Servir avec des chikwangues, un poisson braisé et le piment écrasé et salé.

La région des Grands Lacs (Afrique)

29 mai 2009

À l’instar des célèbres Grands Lacs d’Amérique du Nord, les Grands Lacs d’Afrique sont un système de lacs localisés en Afrique de l’Est. Orienté dans le sens nord-sud, cet ensemble révèle la partie méridionale de la Rift Valley. Il comprend le lac Victoria, le troisième lac du monde par sa taille. Les grands lacs sont (superficie / profondeur maximale) :

- Lac Tanganyika (32 900 km² / 1 433m)
- Lac Victoria (68 100 km² / 82m)
- Lac Malawi (30 900 km² / 706m)
- Lac Turkana (6 405 km² / 109m)
- Lac Albert (5 270 km² / 51m)
- Lac Édouard (2 150 km² / 117m)
- Lac Kivu (2 700 km² / 485m)
- Lac Kyoga (1 720 km² / 5,7 m)

Certains considèrent que seuls les lacs Victoria, Albert et Édouard constituent les Grands Lacs car ce sont les seuls qui se jettent dans le Nil Blanc. Les lacs Tanganyika et Kivu se jettent tous deux dans le fleuve Congo.

Région des Grands Lacs

Cette région est l’une des régions les plus fortement peuplées du monde avec une population estimée de 107 millions d’habitants. En raison de son ancienne activité volcanique, cette partie de l’Afrique est aussi l’une des régions les plus fertiles. Son altitude lui donne aussi un climat plutôt tempéré en dépit de sa localisation équatoriale. Ce climat facilite beaucoup l’élevage (le bétail reste à l’écart des maladies), en particulier de bovins et de chèvres.

De par la densité de la population et le surplus agricole de la région, la zone s’est fortement organisée en de nombreux petits États. Les plus puissantes de ces monarchies étaient le Rwanda, le Burundi, le Buganda et le Bunyoro. À l’inverse des autres régions d’Afrique, les anciennes frontières ont été souvent maintenues par les puissances coloniales.

Très convoitée en tant que source du Nil, la région intéressa longtemps les Européens. Les premiers à arriver dans la région en nombre furent les missionnaires. Ils connurent un succès limité dans la conversion des autochtones. Le contact accru avec le reste du monde conduisit à une série d’épidémies catastrophiques concernant à la fois les êtres humains et le bétail. La population de la région décrut énormément, jusqu’à 60 % dans certaines zones. La région n’est revenue à son niveau démographique précolonial que dans les années 1950.

Considérée comme une région avec un grand potentiel après l’indépendance, la région a subi au cours des dernières années des guerres civiles, des violences intenses et un génocide, qui l’ont laissé dans un grave état de pauvreté dont seuls le Kenya et la Tanzanie sont exempts.

L’avenir de l’environnement africain

29 avril 2009
Toute l’économie de l’Afrique repose sur ses ressources naturelles, qui constituent aussi le système de survie de la majeure partie de sa population. Comme la plupart des Africains sont directement tributaires de ces ressources pour assurer leurs moyens d’existence, ils sont particulièrement vulnérables aux changements environnementaux.
Depuis trente ans, l’environnement de l’Afrique ne cesse de se détériorer et la pauvreté augmente malgré les initiatives prises par les gouvernements pour essayer de freiner et d’inverser cette dégradation.

Autrefois, les Africains possédaient des stratégies éprouvées leur permettant de faire face au changement. Aujourd’hui, la pauvreté a émoussé cette aptitude et aggravé leur vulnérabilité. Cette vulnérabilité accrue augmente alors la pression sur l’environnement. C’est un cercle vicieux. Les échecs des cultures liées à une sécheresse récurrente et le coût élevé du service de la dette l’intensifient encore.

La Conférence ministérielle africaine sur l’environnement a demandé au PNUE de coordonner la publication du premier grand rapport sur l’état de l’environnement africain. Africa Environment Outlook fait un bilan de l’environnement du continent et présente quatre scénarios possibles pour l’avenir :

  • Le scénario des forces commerciales : ce sont elles qui déterminent les relations socio-économiques et l’avenir de l’Afrique dépend des effets de la mondialisation.
  • Le scénario de réforme des politiques : de fortes politiques sociales et environnementales tempèrent les prescriptions commerciales.
  • Le scénario du monde retranché : le monde ne tient pas compte du besoin impératif de réformes en faveur de l’environnement, l’élite minoritaire se retranche dans des enclaves protégées et la plupart des gens connaissent de grosses difficultés et vivent dans la pauvreté.
  • Le scénario des grandes transitions : les défis de la durabilité débouchent sur l’élaboration d’un nouveau paradigme.

L’étude montre que la population, l’exode rural et le déboisement augmenteraient plus vite dans le cas du scénario du monde retranché, la richesse augmentant plus lentement. Par contre, le scénario des grandes transitions est celui qui obtiendrait les meilleurs résultats dans ces trois domaines.

La conclusion du rapport est la suivante : « Les gouvernements africains doivent s’engager plus avant à résoudre les problèmes environnementaux, en intégrant d’autres priorités de développement, comme la pauvreté »


Désertification

La désertification touche 46 % de l’Afrique et affecte quelque 485 millions d’Africains. Plus de 2 millions d’hectares des hautes terres éthiopiennes sont irrémédiablement dégradés. Une bonne partie du continent est particulièrement vulnérable : les trois quarts du Kenya, par exemple, sont arides ou semi-arides, et la Mauritanie est à 93 % hyper aride. L’érosion des sols et la désertification sont en augmentation et le problème est susceptible de s’intensifier dans les trente ans à venir, puisque la démographie continue à progresser et que le climat est de plus en plus variable.


Eau douce

La pénurie d’eau douce et sa qualité médiocre sont les deux plus grands freins du développement africain. Ils limitent l’agriculture et l’industrie et provoquent des maladies d’origine hydrique, fardeau très lourd pour l’Afrique. Il est probable que la situation s’aggravera encore avec le changement climatique. Les études effectuées par le Groupe intergouvernemental d’experts pour l’étude du changement climatique suggèrent que la pluviométrie baissera encore dans les zones déjà arides d’Afrique de l’Est et du Sud, et dans le nord de l’Afrique centrale, aggravant ainsi la sécheresse et la désertification. En Afrique de l’Ouest, la pénurie d’eau devrait frapper le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana, la Mauritanie, le Niger et le Nigeria d’ici à 2025.


Diversité biologique

Six des 25 « points chauds » mondiaux de la diversité biologique internationale se situent en Afrique. A Madagascar, quatre plantes à fleurs sur cinq sont endémiques – le pays est le sixième du monde en matière d’endémie. Au cours des trente dernières années, la protection de la diversité biologique s’est renforcée et depuis peu, l’accent commence à être mis sur son utilisation durable et sur le partage de ses bénéfices. Pourtant, elle continue à décliner.


Forêts

Les forêts couvrent environ 22 % de la région mais elles sont en train de disparaître plus rapidement que partout ailleurs dans le monde en développement. Au cours des années 1980, l’Afrique a perdu 10,5 % de ses forêts. Ce sont elles qui protègent et stabilisent les sols, recyclent les nutriments et régulent la qualité et l’écoulement des eaux. Elles rendent également service au monde entier en absorbant le dioxyde de carbone qui contribuerait autrement à accélérer le réchauffement mondial : elles couvrent 45 % de l’Afrique centrale, le bassin du Congo abritant la deuxième forêt du monde de par sa superficie. Des réserves ont été créées, mais la pression sur la forêt reste importante.


Zones urbaines

Plus de trois Africains sur cinq vivent encore en zone rurale, mais le taux d’exode – 3,8 % par an – est un des plus élevés du monde. Au Malawi, il atteint 6,4 %. Les bidonvilles se multiplient et les gouvernements et les autorités locales ne sont pas en mesure de répondre aux besoins croissants en matière de logements et de services fondamentaux.

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